Pourquoi récompenser Somewhere de Sofia Coppola ?
Somewhere de Sofia Coppola pourrait être l’adaptation américaine de Lost In Translation, qu’elle aurait elle même réalisée. Cette manoeuvre permet à la réalisatrice d’élargir son oeuvre, en travaillant sur des variations autour d’un même thème.
Le principal défaut de Somewhere, c’est peut être le manque de charme de la culture américaine qu’elle étale à l’écran. Elle réussit cependant à incarner dans son héros une étoile qui a monté, qui vient de nulle part et qui n’ira pas beaucoup plus loin, une société oisive, à qui le sens de la vie échappe. Elle conclut le film sur une assez belle épiphanie.
Il y a également beaucoup de travail non pas sur l’image (même si le travail de la lumière, systématiquement?, naturelle est très réussi) mais sur les sonorités, toujours diégétiques (avec son exception également). Le métier qu’elle effectue est également pensé et référencé à plusieurs reprises.
On pourrait faire de nombreux parallèles avec Lost In Translation, le thême de l’exil, de la solitude, du manque d’appréhension face à une société que l’on ne comprend pas, la perte et l’absence de l’identité. Les deux films se répondent, se complètent. Ils ne sont pas complètement symétriques, mais forment un très beau diptyque : Lost In Translation Somewhere.
Ce qui déçoit dans Somewhere, c’est que Sofia Coppola n’avait prévenu personne. Récompenser Somewhere, c’est récompenser une oeuvre, un certain travail effectué, mais aussi encourager à brouiller les sens et à changer de direction.
Et phoenix fait rêver?