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Black Swan

mars 4, 2011

Black Swan raconte la descente aux enfers de Nina, danseuse professionnelle dans une compagnie de ballet de New York, tandis qu’elle tente de maîtriser ce qui se présente comme le rôle de sa vie : le rôle principal dans une nouvelle production du Lac des Cygnes.

Nina est une jeune fille timide, mal à l’aise, et infantilisée. Elle vit dans un petit appartement (sa chambre est probablement la même depuis qu’elle a six ans), avec sa mère, ancienne danseuse sans gloire qui a abandonné sa carrière pour élever sa fille. Elle est l’un des doubles que Nina doit “combattre” pour s’affirmer pleinement. Parmi les autres doubles, Beth, le modèle déchu, et Lily, l’alter-ego maléfique. Darren Aronofsky choisit de mettre en scène un thème rebattu, celui du double maléfique sur motif du Lac des Cygnes, dans lequel Cygne Blanc et Cygne Noir s’affrontent, pour le dupliquer et le polariser autour de Nina.

Darren Aronofsky a également le mauvais goût de traiter Black Swan comme un film d’horreur, et nous est donc servi sur un plateau tous les clichés du genre. Intéressant à mes yeux, la peuplade de rires horrifiques qui circulent dans les couloirs, et illustre justement la folie qui s’empare de l’héroine. Il reste quand même tout ce qui est moins (voire pas du tout) intéressant : l’insupportable manie de couper la lumière à tout bout de champs, la transformation dégueulasse en monstre de Nina, les ombres qui bougent, la peau et les ongles qui tombent, cette pauvre Winona Ryder qui se troue la peau avec une lime à ongles.

Dans Black Swan se lit clairement l’intention manipulatrice du réalisateur, qui tient systématiquement à effrayer ou à orienter son spectateur, à travers des codes et une symbolique n’ont que très peu d’intérêt. Les Chevaliers du Zodiaque n’ont pas attendu Aronofsky pour illustrer ce combat de cygne blanc et de cygne noir, si ce n’est qu’il a l’indécence d’apporter une ferveur sexuelle à son film. Le climax de Black Swan tient dans son irrésistible scène d’ébats entre Natalie Portman et Mila Kunis. Son final est tout aussi grandiose – et carrément mégalomane : “I was perfect” dit Nina tout en regardant son réalisateur à travers la caméra.

Black Swan n’est pas un mauvais film, mais son exécution est moyenne dans son ensemble. Le motif est gâché à plusieurs reprises, Darren Aronofsky prouve que la subtilité n’est pas son point fort, tandis que marteler les évidences apparaît comme un point clé dans son oeuvre.

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